13 DECEMBRE 2025 - Ecrit par Emmanuel Bourgoin
Les 10 ans de l’Odyssée du Blog - PARTAGE :
L’ère des Séries littéraires
Alors voilà…
Se jeter à l’eau est une véritable expérience.
Écrire est une aventure qui sert à tenir debout, à respirer, à exister, à se réaliser. Mais il me manquait quelque chose. Car, à quoi bon tenir debout, respirer, exister, se réaliser si je ne pouvais vous partager mes créations ?
Alors, il y a 10 ans, cette envie viscérale me sauta à la gorge: j’allais vous partager mes écrits.
Mais comment pouvais-je faire? En publiant mes écritures sous la forme d’un roman?
Cela me titillait depuis bien longtemps mais je n’étais pas encore prêt.
Prêt à faire ce grand saut, ce bond gigantesque… Et quand on n’est pas prêt, faut pas se forcer, mais continuer à apprendre, à avancer.
Une idée s’est alors imposée à moi.
Elle a germé, sortie de terre, s’est déployée, a grandi, s’est métamorphosée, s’est ancrée puis s’est élancée, a décollé pour s’envoler, franchir les strates atmosphériques afin de rejoindre les étoiles, là où brillent les idées réalisées.
En janvier 2015, une nouvelle étoile est née. Elle n’était pas encore éclatante, elle n’avait pas encore trouvé sa place dans la grande carte des constellations, mais elle scintillait déjà d’une lumière obstinée, même si elle était en outre bien fragile. Elle portait en elle un engagement: vous partager mes écrits par l’intermédiaire d’un blog.
Bon… j’avoue, je n’étais (je ne suis) toujours pas un pro de la gâchette concernant la communication via les réseaux ou sur la toile.
Alors pourquoi un blog et quoi raconter, en fait…? Mais une promesse est une promesse et blog, il y a eu. Depuis, l’application de cette promesse dure depuis 10 ans!
Oui, mesdames et messieurs… 10 années d’aventures, de traversées vers l’inconnu, une odyssée qui perdure.
En cette année 2015, j’avais alors décidé de faire de ce blog une sorte de laboratoire où j’allais JUSTE jeter mes mots tels des esquisses, des traits rapides, des notes éclosant sur la page en taches d’encre.
Le départ fut donné le 1er février. Et d’un Premier Pas, je suis passé naturellement au second où je me suis mis à vous narrer comment est venue cette envie de rédiger, en vous comptant un brin de cette jeunesse qui fut mienne. Vous raconter pas à pas les écrits que je faisais depuis moult années. Mais étrangement, et sans contrôle sûrement, l’authenticité que je souhaitais donner dans mes productions ne pouvait pas passer par un simple post qui ne relatait que des faits. Bah, non…
Je voulais rédiger, romancer en quelques lignes une sincère épopée. Et donc, tout naturellement, l’article se constitua en 6 parties.
Qui a dit qu’un blog devait être concis ? Là, ce n’était pas le cas. Mes premiers posts racontaient une véritable histoire en style feuilleton et j’aimais bien ça. Je dois dire que même si «l’époque» (aïe, je me sens vieux d’un coup!) n’était pas encore au LIKE and PASS au bout de 10 secondes on en approchait quand même vite.
Alors, n’était-ce pas périlleux de commencer cette aventure de cette façon ?
A priori, non car lecteurs, il y eut. Dès les premiers articles, je reçus quelques mails timides puis, pareille à une mer qui monte inexorablement, vous fûtes au rendez-vous, aux aguets, curieux, étonnés, dans une sorte de mode «Wait and See» et puis impatients d’avoir la finalité de cette première histoire.
Vos retours me persuadèrent de diriger les travaux de mon labo dans cette direction pour vous raconter d’autres histoires.
Alors là, ce fut parti! Je postai pour la première fois l’idée des brèves, qui furent le berceau (sans que je le sache, évidemment) de ce qui allait devenir le Pays des Brèves des années plus tard, dans le roman Derrière la Porte.
Cela fut la déferlante! L’ouverture sur un nouveau monde qui s’inaugurait sous la plume de mon stylo. J’enchainais les brèves ou chroniques, tout en développant les personnages de Squitty, Muette et Clic. Les écrits prenaient de la consistance. Et de simples brèves, je suis vite passé à des nouvelles en plusieurs parties.
Le partage avait lieu.
Vous en redemandiez encore et encore… Et je vous donnais, encore et encore, avec une joie euphorique.
En décembre 2015, j'entamai une série de 12 épisodes d’une histoire calée sur la période de Noël. (J’adorais la démarche que certaines séries américaines prodiguaient en calibrant leurs épisodes sur la temporalité où allait se passer la diffusion. Si c’était Noël, hé bah, l’épisode de la semaine se déroulait lors des fêtes de Noël).
J’ai donc mécaniquement abondé vers cette façon de faire, du moins pour la Chronique de Snow.
Je m’étais beaucoup amusé à développer tous ces personnages et votre interaction avec eux (voui, voui, certains d’entre vous commençaient à écrire directement à Squitty et compagnie et ceux-ci, par le biais de ma plume, vous répondaient). Y’avait de quoi devenir schizophrène, non?
Le blog n’avait qu’un an, et pourtant, je m’étais rendu compte que celui-ci sortait un peu du cadre de la simple expérience d’écriture. Il y avait eu, comment dire, une sorte d’interaction entre lui et vous… entre vous et moi…
Et cela était tout justement TOP.
Super TOP!
Cependant, je ne voulais pas que ce blog devienne précisément le berceau d’une seule idée créatrice même si j’adorais le monde qui se construisait sous l’impulsion de mes écrits. Je désirais qu’il soit un champ où plusieurs styles de proses et d’histoires pouvaient s’épanouir.
Alors, changement de braquets, je décidai d’écrire autre chose, de tenter une autre expérience dans ce même labo. Je suis parti sur un ton différent avec une narration à la première personne qui reprenait mes premiers écrits.
Les lecteurs allaient-ils me suivre sur cette nouvelle voie? D’un côté, c’était un peu le jeu. Et cela, vous l’aviez super bien compris. Car vous étiez à chaque rendez-vous de la nouvelle publication qui se composait de plusieurs parties (oui, on ne se refait pas) et titrée : Comment cela aurait-il pu continuer?
Là encore, l’alchimie des mots et de l’histoire créa un alliage durable et solide. Alors, tous ces posts étaient loin d’être pourtant parfaits… bien au contraire… fautes d’orthographe, tournures grammaticales, syntaxe, rythme du récit raconté… mais elles avaient le mérite d’exister, d’avoir construit quelque chose et surtout de vous avoir touché.
Aujourd’hui encore, quand je les relis ou juste les survole, je les regarde avec une belle affection, car de leurs imperfections, elles m’ont aidé à grandir et même mieux, à vous rencontrer.
Après 7 épisodes de la série Comment cela aurait pu continuer?, j’ai stoppé cette aventure en mars 2016 sans avoir écrit la fin. Oui, je sais… moi aussi, je déteste ça. Je déteste apprendre qu’une série soit annulée alors qu’elle marchait bien. Et celle-ci avait bien ses lecteurs. Donc pourquoi avoir fait ça… pourquoi faire subir ce que je n’aimais pas.
Méchant! Méchant auteur!
La raison était simple: M’entichant de cette histoire, je voulais développer cette épopée en roman ayant comme titre, le Livre et les Si. La vie est rigolote tout de même, car l’idée est à aujourd’hui dans mes carnets au fond d’un tiroir sans avoir jamais vu le jour.
Hummmmm… Tentations de sortir tout ça de la poussière de suite… aie aie aie! Non, non… je me dois de résister. J’ai d’autres tambouilles sur le feu.
Après quelques discussions qui se tenaient tous les jeudis avec mon ami Olivier Hirtz (oui, nous avions nos habitudes… et alors) qui suivait mes écrits tout en m’aidant dans mes réflexions, je poussai encore plus loin les expériences dans mon fameux labo.
Ainsi arriva, dès avril 2016, une ébauche de ce journal que vous connaissez bien maintenant, le Daily Brèves où l'un de mes propres personnages m’interviewa. Ensuite, une nouvelle fut publiée sur un gars qui se prénomme Aësmi issu d’un univers de fantasy encore inconnu de mes lecteurs et qui était pourtant pour moi familier, j’ai désigné Milia Facia.
En juin de cette même année, je retournai au Pays des Brèves, en postant les Chroniques de notre cher Porcix en deux parties avec un article supplémentaire servant d’interlude.
Les illustrations du blog se diversifièrent aussi de leurs côtés suivant les différents virages que je prenais à chaque écriture. Je faisais souvent appel aux talentueux services de l’illustrateur Olivier Hirtz (oui, encore lui… il peut être un illustrateur et mon ami, non?), mais je piochais également pas mal dans les images que m’offraient les bibliothèques de données via internet. J’ai pareillement proposé à l’autodidacte Sylvain de dessiner un trait comique pour le personnage de Porcix.
Ma production sur ce laps de temps était plus espacée et tant mieux. Car cela me permettait de pouvoir me libérer l’esprit ou plutôt de faire une respiration en passant d’un monde à l’autre. Bon, quand je dis que les posts étaient plus échelonnés dans le temps, il y en avait quand même un chaque mois (ce qui demandait tout de même une certaine agilité d’expression écrite et surtout du temps d’engagé). Et le fait de respirer n’était pas la seule raison.
En effet, écrire sur le blog m’avait donné l’envie de finaliser un projet d’écriture déjà très entamé, mais, cette fois-ci, sous forme de roman (et donc non, comme vous le savez, pas le Livre et les SI) et cela me réclamait BEAUCOUP de temps à écrire en plus de mon autre taf qui me prenait énormément d’heures dans ma journée.
À la fin aout, une bande-annonce animée ( composée par Olivier ) annonçant la publication future de ce cycle de romans se déroulant dans l’univers de Milia Facia fut présentée.
A la suite de cela… plus rien… un désert de post pendant 2 mois.
Logique me diriez-vous… je devais bosser sur ce fameux cycle.
Hey bah non… pas du tout! Car, je bloquais sur celui-ci. Ou plutôt, les tomes déjà écrits portaient une histoire trop vaste, trop étendue, trop trop trop de tomes pour les éditeurs qui voulaient se rassurer et ne se lancer que sur un seul livre.
(Vous désirez connaitre cette histoire, je vous laisse découvrir l’interview, «une vraie cette fois-ci» que m’a consacré Camille Chuquet ( vous pouvez la retrouver dans l’onglet Made In de ce site ).
Alors comme j’étais face à un blocage, mon cerveau s’est évadé en allant écrire une nouvelle chronique. Et comme Halloween arrivait… vous devinez la suite.
De là, j'écrivis ma plus grande chronique, car du 31 octobre au 9 juillet de l’année suivante, je présentai Nuit d’Halloween, illustrée de nouveau par Sylvain.
Sur cette série de 11 épisodes, je me suis éclaté comme ce n’était pas permis. Je suis parti dans un délire d’écriture qui me donna une véritable bouffée d’air et qui m’octroya de pousser des expériences narratives très intéressantes. Vos retours étaient toujours surprenants et bienveillants. D’écrire sur Nuit d’Halloween m’autorisa de nouveau à travailler en parallèle sur mon roman. Ayant eu un déclic qui avait résolu mon blocage sur mon monde de fantasy je commençai début 2017 à écrire un roman en un tome unique. Mon cerveau sautait donc de Nuit d’Halloween, qui se déroulait au Pays des Brèves, au roman de Fantasy posé sur Milia Facia qui allait porter le titre de Frères de Savoriur.
Après le dernier épisode de Nuit d’Halloween, je me suis donné 5 mois de silence avant de venir à nouveau publier une autre nouvelle, se passant cette fois-ci sur Milia Facia (j’étais en plein dedans donc je vous ouvrais une fenêtre sur le monde de ma première publication).
5 mois, me direz-vous… c’est long. 5 mois, hurlerait un Community Manager, c’est une Éternité! Et il aurait raison… Mais bon, je n’ai pas de Community Manager et oui c’est vrai, c’est long. Mais j’étais focalisé sur mon roman, et à ce moment-là, mon cerveau ne demandait pas de nouvelle respiration.
Mais attention, à ne pas publier sur un blog pendant un si long temps… le risque était de vous perdre, tout bonnement. Dans ce monde où le buzz est roi, voire empereur, et ne plus donner signe de vie sur la toile, quelle erreur !
Pourtant… j’avoue qu’encore aujourd’hui, je suis surpris du nombre de personnes qui sont restées aux aguets. Alors, je profite de suite de cet aparté pour vous remercier chaleureusement.
Voilà, c’est fait… ha ha ha
Donc, j’ai dit 5 mois… Mais en fait, après le post du 3 décembre 2017 nous menant sur les terres de Milia Facia, et à part deux posts juste informatifs, en février 2018, je n’avais toujours rien publié.
Enfin, correction, j’avais écrit un post qui faisait le point sur mes écritures en cours et mes projets. Je viens de le redécouvrir et surprise! En fait, ma mémoire flanchait, car je ne bossais pas uniquement sur Frères de Savoriur, mais aussi sur deux recueils en prose, un autre roman en parallèle et quelques chroniques.
Quelle explosion dans mon crâne… j’étais accro à l’écriture, à la création, je produisais, je produisais, je produisais, mais je n’éditais plus. Dans ma tête, plus rien n’était ordonné. Je me laissais transporter vers les constellations, ivres de mots, de sons et de tournures. Il me fallait m’accrocher, me recentrer, reprendre le gouvernail, amener mon bateau sur le chemin d’Ithaque.
Cette amarre fut une série de posts très courts (oui, je sais faire aussi… ha ha ha) nommée un Aller et Retour au Pays des Brèves publié de juillet à septembre 2018 en 7 épisodes.
Là, le ton fut totalement différent de ce que j’avais pu écrire. Était-ce le fait d’avoir rédigé quelques recueils en prose qui avait affiné mon style du moment?
Sûrement, car même mes tournures de phrases possédaient une autre construction. Il y avait quelque chose de plus personnel dans cette série que je propulsais à travers le personnage principal. Le côté intime se matérialisait aussi par les illustrations photographiques qui étaient produites par votre serviteur.
Vous le sentez…
Le blog allait pivoter vers quelque chose de plus personnel et l’arrivée d’un autre support en ligne allait l’asseoir dans le ton qui le définit aujourd’hui.
Alors oui, la fin de l’ère des Séries sonnait.
Je regarde une dernière fois toutes ces chroniques que j’avais écrites et cela me fait penser, en toute modestie, aux travaux que Stendhal, Balzac, Dumas ou encore Eugène Sue publiaient pour les journaux. Quand ces auteurs écrivaient leurs romans feuilletons, eux aussi effectuaient des expériences littéraires. D’ailleurs, ils avaient sans vergogne brisé la règle des 3 unités qui composait généralement un roman: le lieu / le temps et l’action. Par leurs expériences, ils multipliaient les péripéties en multipliant les lieux, les temporalités et les intrigues.
Pour ma part, l’impact de ce blog est vraiment minime dans la Grande Histoire de la littérature. Mais dans ma simple Histoire, il fut mon moteur.
Quelle serait son essence pour les années qui suivraient, et bien, vous le saurez en lisant le prochain Made In.
À suivre donc dans: l’ère de l’Émotion"