28 FEVRIER 2026 - Ecrit par Emmanuel Bourgoin
Les 10 ans de l’Odyssée du Blog - PARTAGE :
Lire ces premières phrases avec une voix grave :)
Précédemment dans l’Odyssée du blog…
Vous avez découvert l’ère des Séries Littéraires.
Vous avez vu comment je me suis jeté à l’eau ce 1er février 2015 par des posts semi-romancés.
Comment j’ai inventé les Brèves via les posts.
Comment ces Brèves se sont métamorphosées en séries.
Comment j’ai présenté d’autres nouvelles sur, cette fois-ci, Milia Facia.
Comment, en 5 ans, je me suis construit, moi en tant qu’auteur, à tester ceci et cela. À Comment j’ai travaillé dans ce labo littéraire avec les genres, les styles, les narrations.
Comment me suis-je évadé de ce tourbillon de mots en me faisant moins présent sur les réseaux et comment j’ai présenté des textes plus perso?
Enfin… le fameux cliffhanger vous amenant à cette seconde partie que je vais donc vous présenter là sous le titre de :
L’ère des émotions et de la pensée
Cela faisait son effet en lisant cette récap d’une voix grave comme dans les séries américaine!
Oui… non? Bon, passons.
Alors voilà…
Certains d’entre vous, qui me connaissent bien, vont dire que je compartimente. Ou d’autres, qui me connaissent bien aussi, vont me pousser à compartimenter, car pour eux, je ne le fais pas assez.
Paradoxal, non?
En fait, à cette période de l’Odysée du blog, début de l’année 2020 pour être prècis, une naissance m’obligea à compartimenter ma façon de communiquer avec vous.
L’apparition de mon site internet allait changer la donne.
En le réfléchissant et en le construisant avec l’aide de cet ami fidèle qu’est Olivier Hirtz, la question qui s’était posée fut la suivante:
«Comment faire coexister ces deux entités et quels messages allaient-elles transmettre?»
La réponse fut simple: le rôle du site est de vous présenter le fruit de mon travail et le blog, les émotions que celui-ci me procure.
Les cartes étaient redistribuées.
Je n’allais donc plus publier des Brèves, des nouvelles, des séries littéraires, mais des posts vous parlant…
Bah, oui, vous parlant, mais de quoi?
De mes émotions, avais-je dit. Mais discutailler et présenter des émotions, ce n’était pas évident quand même. Et puis, je pensais que j’aurais vite fait le tour de la question. Non?
De plus, il ne fallait pas oublier la vision, l’essence même que j’avais donnée à la fonction de ce blog lors de sa création. Celui-ci était mon terrain d’expériences, alors, hop hop hop… soyons malin et incluons les émotions avec parcimonie, mais sans trop d’hésitation non plus.
Le premier post marquant se nourrissait d’ailleurs plein d’émotions, car il présentait le titre de mon premier roman à venir : Frères de Savoriur
Et de par un petit texte, je vous expliquais l’origine des titres et le choix de celui-ci.
Que de bonheur, de joie de vous offrir un titre! J’entends encore «l’Ode à la Joie de Beethoven» qui faisait vibrer les haut-parleurs de mon ordinateur tandis que je pianotais sur mon clavier les mots qui allaient devenir ce post.
Il y aura plus de trois mois qui sépareront ce premier post et la parution de mon roman. Entre les deux, je ne voulais surtout pas accaparer le contenu du blog pour en faire un espace de publicités déguisées consacré à mon roman. De plus, à l’époque, j’avais une énorme envie d’écrire sur des sujets précis contrairement à mes anciennes séries littéraires qui étaient souvent rédigées en plusieurs épisodes.
Ainsi naquirent les posts nommés «Ces moments».
Ces moments :
C’était des «petits posts» qui racontaient des instants fugaces, figés par une photo que j’avais prise, ici et là. D’ailleurs, à bien remettre les choses dans l’ordre, tout partait de la photo, en fait.
Alors je pouvais vous montrer un citron au soleil, une feuille d’une serre d’Auteuil, des libellules, un livre, une rime à la mer, un pommeau de douche, un grelot… tout en vous racontant comment je me suis retrouvé à prendre cette photo, ou ce que j’avais ressenti à cet instant présent, ou encore vous présenter un poème en rime, et allons même un peu plus loin, vous décrire en quelques lignes comment je rencontrais l’imagination sous une douche… hum…
«Ces moments» pouvaient ressembler à ces stories sur les réseaux sociaux, mais avec de véritables légende qui figeait concrètement ce que je voulais montrer, raconter, dans quelque chose de solide et non pas fugace et à l’ouverture d’interprétations qui ne seraient pas miennes.
J’ai beaucoup apprécié écrire ces petits textes et vous présenter mes photos. C’était comme une sorte de respiration, de mise en bouche, d’envolées presque lyriques.
Mais je ne voulais cependant pas faire du blog qu’un réceptacle de petits textes. Il me fallait un contrepoids. En fait, j’en avais trouvé deux.
En ce début d’année 2020, j’écrivais à foison (3 à 4 posts par mois. Un truc de dingue!) J’étais en pleine correction finale de mon roman et taquiner de façon créatrice le stylo devait me manquer.
De plus, je voyais sous mes yeux le blog prendre une nouvelle respiration, ce qui m’encourageait à écrire. (Bon, avec le recul, je pense aussi que le confinement de la COVID19 me donna pas mal de temps:)).
Mais de toute façon, c’est ainsi qu’arriva le «Journal de Bord»
Je me souviens avoir commencé la présentation du premier «journal de bord» en demandant si cela n’était pas un poisson d’avril (ayant été publié, comme vous le devinez, le 1er avril).
Mais non, cela n’en était pas un.
Pour empêcher le trop-plein d’émotion que pouvaient transmettre les posts « ces moments» et les autres articles dont je parlerai juste après, je voulais aussi vous ramener un peu de terre à terre. Et donc, pour ce faire… j’ai pensé à composer le journal de bord.
Son rôle était simple: être un récapitulatif détaillé du mois passé sur :
1/ l’avancée de mes travaux d’écriture
2/ sur ce qui a été publié sur le blog
3/ sur ce qui a été posté sur les réseaux sociaux
4/ sur mon actualité
5/ ou toute autre flânerie intellectualisée en relation avec la création
6/ j’en oublie sûrement.
L’objectif proposé aux lecteurs : faire un tour d’horizon de mes activités en relation avec l’écriture. S’ils avaient raté un truc ou s’ils voulaient juste avoir une vue d’ensemble, les lecteurs trouveraient alors dans ces journaux de bord un véritable panorama.
J’aimais bien cette appellation : Journal de bord. Elle faisait aussi et évidemment référence à ces journaux tenus par les capitaines de navire lors de leur expédition. De vous écrire ces articles sous cette forme, c’était comme si je vous contais chaque aventure mensuelle telle un capitaine à la barre d’un vaisseau lancé vers l’inconnu.
Autour de ce côté informatif, je construisais des textes (oui, je ne peux m’en empêcher). Ils rebondissaient sur les lignes de façon plus ou moins explicative, poétique ou même avec des tournures émotionnelles racontant au détour de leurs phrases ce que j’avais ressenti sur le moment de chaque événement ainsi exposé.
Des thèmes s’invitaient alors comme le temps, la liberté, le cycle des saisons, les fêtes, les points de vue, les anniversaires, des hommages, juste un effet de lumière sur un bureau et bien d’autres.
Voilà ce qu’étaient ces articles nommés : un journal de bord. Ha… une dernière petite chose : Tout à l’heure, j’ai comparé ces journaux avec celui d’un bâtiment voguant sur les flots de l’aventure. Hé bien, pour mon plaisir personnel, j’ai ajouté des étoiles, une dimension spatiale. Je m’explique.
À chaque début d’article, je présentais une date stellaire (Stardate )
C’était mon clin d’œil à la série Star Trek.
Pourquoi Star Trek ? Bah, les divers commandants du vaisseau Entreprise n’étaient-ils pas des explorateurs eux aussi? Et comme tout bon capitaine de navire, ils utilisaient un journal de bord. Et ceux-ci, vous vous en doutez, étaient datés. Cependant, ils pratiquaient une mesure spécifique pour calculer l’espace-temps. Cela donnait des dates de ce style: -301581,69631532225 (2 juin 2021).
Alors, en allant fouiner sur la toile de l’internet, j’étais tombé sur un convertisseur et hop… J’avais trouvé cela drôle et inspirant de dater mes journaux de bord ainsi.
Voilà… quelle folie!!!!! N’est-ce pas?
Et le second contrepoids alors?
Et bien, après avoir construit «Ces moments» et «journal de bord» avec un style structuré, j’avais besoin de liberté dans mon écriture. Donc, entre ces articles, il me faisait plaisir de composer de façon un peu romancée des posts racontant l’émotion que je vivais au quotidien.
Chaque article avait son propre titre. Pas d’ossature, pas de régularité de publication sur le blog. Rien qui pouvait les lier les uns aux autres. Rien… que de la sauvagerie littéraire.
Une impulsion!
Un soubresaut!
Un chant d’oiseau à l’horizon!
Le baiser d’un chat!
Le hurlement du loup!
Le vent, la neige, le soleil, un sourire, une joie, une éruption, la passion de l’amour, la douceur d’un silence.
En les écrivant, j’ai pu dériver sur l’histoire troquée de la Seine tout en naviguant sur une madeleine; vous présenter l’importance de la quatrième de couverture; vous partager mon ressenti quand je commençais ou finissais un livre; vous parler des nuages de dédicaces et bien d’autres choses.
Je nommais mon blog laboratoire… là, on était plein dedans.
De nouveau, je testais, j’écrivais, j’inventais différents styles. Je sautais d’un poème automnal au lyrisme d’une marche où l’imagination se construisait.
Je ne concevais pas des histoires, mais c’était les récits du quotidien qui venaient à moi pour être racontés. J’ai même osé faire une vidéo pour présenter le titre de mon troisième roman… nom de Zeus!
Bon, j’avoue, cette vidéo ne fut pas une réussite. Mais je trouvais rigolo de passer pour l’expérience d’un format écrit à l’oral. De ne plus lire les mots, mais de les chopper au vol, dans nos épuisettes à papillon, pour les amener à l’oreille de nos attentions.
Pendant presque deux ans, cet équilibre tripartite fut maintenu.
Les posts du blog étaient riches. Riches en nombre de publications, mais aussi en émotions et en événements (2 romans furent pendant ce laps de temps publiés et un troisième pointait le bout de ses pages).
Le basculement du blog sous cette forme m’a permis une expérience différente, qui cette fois-ci, ne se basait pas sur l’écrit, mais sur un art visuel.
Pas de panique, pas d’autre vidéo. Nan, nan…
À l’origine du blog, les récits que je postais étaient régulièrement illustrés par des personnes ayant un véritable talent dans ce domaine ou, comme beaucoup, je me servais dans le catalogue qu’offrait internet. Et quelquefois, assez rare tout de même, j’avançais quelques photos de mon cru.
Comme vous l’avez compris, l’ère des émotions m’alloua la possibilité d’illustrer moi-même mes posts par mes propres photographies. (Je dois dire que je fus largement encouragé sur le sujet).
Les articles «Ces moments» furent une belle mise en jambe. Devant écrire un texte autour de la photo prise, cela m’aida à travailler sur les futures illustrations que je poserais pour les autres posts.
J’ai très vite pris goût à vous présenter mes photos. J’avais la crainte, au début, que celles-ci se détachent des sujets abordés, mais d’après vos retours, nullement. Mes photos se fondaient dans le paysage de l’article sans s’y noyer non plus. Elles faisaient partie d’un tout. Et cela m’allait à la perfection. Car je m’exprimais maintenant par deux biais artistiques qui me correspondait parfaitement!
La mission recherchée était accomplie.
Le blog vous livrait mes émotions tout en construisant un pont vers le site internet qui avait un côté plus terre à terre. C’était top!
Puis vers la fin 2022, allez savoir pourquoi, les posts se furent plus discrets, moins réguliers… Quand j’y pense, cela me fait songer à l’un de ces astéroïdes qui tombent sur notre terre, rasant presque tout sur son passage. C’était un peu ça et en même temps la chute lente des feuilles d’automne. Quel beau paradoxe.
Commençait en moi la maturation de deux romans. L’un se battait avec l’autre. Deux univers en extension qui voulaient chacun sa place. Lequel choisir? Aucun. Allez, soyons fous… tous les deux?
Écrire les premières versions de ses romans prirent ce temps qui ne pouvait pas être donné au blog. Ce qui m’empêcha toutefois de composer deux nouvelles en parallèle dont une fut publiée directement sur le site ( et non sur le blog ) et l’autre… je l’ai gardée juste pour moi.
J’écrivais, je testais, j’expérimentais…
Je m’enfermais dans cette bulle d’écriture qui me dopait comme une sorte de drogue puis… cette bulle éclata. Une épingle explosa cette sphère où je m’étais logé pour me rappeler à la réalité du monde.
Un nouveau travail se présenta à moi. Un travail qui n’avait rien à voir avec l’écriture et qui m’accapara brusquement beaucoup de ce temps qui me manquait déjà.
Alors oui, comme un automne aux feuilles tombantes, les posts furent plus discrets au point où j’ai dû écrire sur mon propre équilibre entre l’écriture, le travail, la vie tout court.
L’ai-je trouvé cet équilibre? D’après mes derniers posts, je n’en suis pas encore certain.
Enfin, cela ne m’empêcha pas de revenir plusieurs fois sur ce même blog pour vous faire part, de façon disparate, de ce sentiment que je pouvais ressentir sur le temps, mais aussi vous présenter les nouveautés qui s’affichaient sur le site tel le journal des Brèves ou encore mes petites réflexions sur la résistance en énergie militante et poétique. Une sorte de juste mesure entre gravité et légèreté.
Mais mes émotions se refusent de porter des étiquettes. Alors oui, force de constater que les feuilles sont tombées. Que l’astéroïde vient de décimer une nouvelle ère ouvrant la porte à un renouveau.
Dans ce cas-là, comment le blog va-t-il se réinventer? Pour combien de temps?
Seul l’avenir va nous le dire.
Il faut savoir se laisser quelques fois se porter.
Juste regarder les étoiles, les observer composer une carte céleste où l’écriture se fait exploration, humour, aventure, poésie et proclamation.
Cependant, une chose est certaine: le blog n’a jamais cessé de renaître à lui-même. Dix ans, qu’il s’habille de l’éclat des étoiles, et il n’est pas prêt de s’arrêter!
À suivre sur le blog…
Bonus: vous me demandez souvent pourquoi je débute mes posts par «Alors Voilà» ?
La réponse est simple et loin d’être intellectualisée: Parce que j’aime bien :)